Nous sommes tous des hypocrites à des degrés plus ou moins importants. Dans cet article, nous présentons les formes d'hypocrisie qui nous caractérisent tous.

Sommes-nous tous des hypocrites ?

Connaissez-vous le proverbe : « avant de voir la paille dans l’œil de ton voisin, regarde la poutre qui est dans le tien » ? Un dicton qui prend tout son sens à une époque où la moindre action des plus grands est hypermédiatisée en vue de faire réagir le public : « oh non… il n’a pas dit ça ! » ou encore « tu sais ce qu’il lui est arrivé ? C’est incroyable ! ».

Nous sommes tous très rapides lorsqu’il s’agit de réagir devant les actions ou les pensées des autres et sommes toujours les premiers à émettre des critiques ou des jugements au moindre dérapage d’une personne ou d’un groupe d’individus – que nous les connaissions personnellement ou non.

D’ailleurs, nous ne nous gênons pas pour le faire… et chacun en prend pour son grade : hommes et femmes politiques, personnalités du show-business, écrivains, animateurs de télévision, caissières de supermarché, serveurs de restaurant… tout le monde y passe. Sauf nous. Quels hypocrites nous sommes !

L’hypocrisie a une histoire !

Le terme « hypocrite » n’a pas toujours eu la connotation négative et péjorative qu’on lui accorde aujourd’hui. En réalité, il était même possible, dans l’Antiquité, d’être hypocrite et de gagner de l’argent (si, si, je vous jure !). À l’époque où le dialogue sur scène est né, l’acteur (hypocritès en grec) était « celui qui donne la réplique ». Étant donné que cet acteur parlait sous un masque, le terme a pris le sens péjoratif qu’on lui connaît aujourd’hui : « hypocrite ».

Hypocrisie : attitude consistant à dissimuler son caractère ou ses intentions véritables, à affecter des sentiments, des opinions, des vertus qu’on n’a pas, pour se présenter sous un jour favorable et inspirer confiance. (source : Larousse)

Si l’hypocrite de l’Antiquité correspondait au Tom Cruise de l’époque, le terme « hypocrisie » a évolué à partir du IV e siècle avant J.-C. pour prendre tout son sens en matière de politique. Je vous ferai grâce des raisons et des exemples d’hypocrisie en politique, mais je vous laisse imaginer des personnages comme Démosthène, Eschine et Isocrate dont les paroles et les actes avaient autant d’écho que ceux des politiques actuels ! En réalité, l’un des dix grands orateurs de l’époque est Eschine, adversaire de Démosthène, qui passa savamment du métier d’acteur à celui d’homme politique… c’était un peu le Ronald Reagan de l’époque, en quelque sorte !

Tous hypocrites ?

La plupart d’entre nous, que nous l’admettions ou non, sommes des hypocrites. Nous jugeons les autres bien plus sévèrement que nous ne nous jugeons nous-mêmes. En réalité, toute forme de décision morale résulte d’une lutte dans nos têtes entre une réponse impulsive et une réponse réfléchie. Une expérience tout à fait intéressante a été réalisée pour prouver cela. Des chercheurs ont présenté deux tâches à un groupe de personnes : la première était fastidieuse et chronophage alors que la deuxième était facile et courte à effectuer. On a demandé aux participants de s’approprier l’une des deux tâches, à eux-mêmes ou à un autre participant du groupe, en choisissant par eux-mêmes ou en confiant l’attribution des rôles à un ordinateur. 85 % des 42 participants s’en sont remis à l’ordinateur et se sont assignés la tâche facile et courte à eux-mêmes, laissant la tâche plus difficile à un autre membre du groupe. En outre, ils ont jugé leur décision comme étant juste.

Néanmoins, lorsque 43 autres sujets ont observé cette expérience sur des personnes étrangères, ils
ont tous jugé leur attitude injuste.

Nous avons tout un jour dit quelque chose pour ensuite revenir sur nos paroles, quelques heures, quelques jours ou quelques années plus tard. Nous avons tous, un jour, soutenu une cause à laquelle nous avons cru pour ne pas rester fidèles à cette cause quelque temps plus tard.

Nous avons tous connus l’effet boomerang des problèmes que nous avons causés nous-mêmes et maudit les actions que nous avons effectuées de manière répétée. Nous avons tous étés ces vilains hypocrites que nous ne supportons pas. Ni vous, ni moi ne sommes parfaits. C’est comme ça. Nous sommes tous coupables, de temps en temps.

Alors que nous faisons de notre mieux pour être le plus honnêtes possible, c’est-à- dire des personnes morales sans reproche, c’est parfois bien trop difficile : de temps en temps, nous aimons enfreindre nos propres règles et manger ce hamburger de McDonald’s, jeter un papier de bonbon par la fenêtre de la voiture ou encore mettre une bouteille en plastique dans la poubelle à déchets alimentaires.

Nous sommes tous des hypocrites. L’ensemble des personnes qui forment notre génération sont des hypocrites, vous et moi y compris. Et c’est ainsi que les parents et les enfants à venir seront et resteront des hypocrites. D’ailleurs, l’hypocrisie intergénérationnelle est tout à fait intéressante… combien de fois avez-vous entendu vos propres parents ou grands-parents dirent : « à mon époque, ça ne se passait pas comme ça ». Combien de mères doivent, chaque jour, subir les conseils soi-disant avisés de leurs propres mères quant à l’éducation de leurs enfants ? Bon … j’arrête.

L’hypocrisie au quotidien : ouvrons les yeux !

Pour réaliser que, finalement, nous sommes tous logés à la même enseigne, côté hypocrisie, voici une liste de 39 vérités parmi lesquelles, si vous êtes sincère avec vous-même, vous vous reconnaîtrez peut-être. Des paradoxes qui font pourtant partie de notre quotidien d’hypocrites :

1. Nous voulons rencontrer de nouvelles personnes mais pas élargir notre cercle social.

2. Nous voulons avoir une vie sociale plus riche, mais ne prenons pas le téléphone pour appeler les autres.

3. Nous voulons rencontrer quelqu’un avec qui nous avons beaucoup de points communs mais nous ne faisons rien pour poursuivre nos passions.

4. Nous nous plaignons de ne pas avoir assez d’argent, mais nous menons une vie à la YOLO (You only live once ; traduisez : « on ne vit qu’une seule fois »).

5. Nous voulons passer plus de temps avec notre famille, mais ne faisons jamais d’efforts pour rentrer plus tôt à la maison.

6. Nous voulons un emploi de rêve mais restons bien au chaud et bien en sécurité, accrochés à notre job actuel.

7. Nous nous plaignons de la politique mais n’allons jamais voter.

8. Nous nous plaignons par rapport à nos fréquentations mais ne faisons jamais rien pour les changer.

9. Nous nous plaignons de ne pas être amoureux et continuons d’aller sur Meetic ou Tinder.

10. Nous disons que nous ne serons jamais des esclaves d’autres êtres humains et vendons nos services pour quelques dizaines de milliers d’euros par an.

11. Nous disons que nous nous préoccupons de l’environnement, mais tout ce qui pousse dans notre jardin sont des mauvaises herbes.

12. Nous nous plaignons du réchauffement climatique et continuons à boire de l’eau en bouteille (plastique !)

13. Nous disons du mal sur l’arrière-train de Kim Kardashian, mais la suivons sur Instagram.

14. Nous nous plaignons de voir que la génération actuelle est narcissique, mais prenons des dizaines de selfies par jour.

15. Nous nous étonnons de voir à quel point des enseignes comme Lidl ou Mc Donald’s traitent leurs employés, mais nous continuons à y faire nos achats.

16. Nous consommons des sushis que nous jugeons immangeables mais refusons de payer le prix pour des sushis de bonne qualité.

17. Nous voulons vivre ailleurs, mais ne faisons jamais rien pour.

18. Nous parlons des effets négatifs de la pollution, mais nous refusons de recycler.

19. Nous condamnons les lois sur le travail en Chine, mais continuons d’acheter des marques de vêtements « Made in China ».

20. Nous nous plaignons d’être arnaqués en permanence, mais continuons d’arnaquer les autres à notre propre manière.

21. Nous refusons d’écouter nos parents alors que ce sont eux qui payent notre loyer.

22. Nous condamnons les violents effets des jeux vidéo, mais nous avons hâte de la sortie du prochain GTA.

23. Nous nous plaignons du manque de vie privée et continuons à nous délecter devant des images d’hommes et de femmes à moitié-nus sur le web.

24. Nous nous plaignons de ne jamais sortir mais continuons à trouver des excuses quand il s’agit de « faire un truc » entre amis.

25. Nous sommes attristés des problèmes que nous rencontrons dans nos pays, mais ne pensons
jamais à ceux des pays en développement.

26. Nous nous offusquons devant des paroles déplacées des personnalités de ce monde alors que nous proférons nous-mêmes des dizaines de gros mots chaque jour.

27. Nous voulons perdre du poids, mais n’allons jamais à la gym.

28. Nous voulons être en bonne santé, mais ne prenons jamais de temps pour cuisiner.

29. Nous voulons vivre dans un logement propre et sain mais ne faisons jamais le ménage.

30. Nous nous plaignons du coût de la vie et dépensons 15€ pour des plats préparés.

31. Nous jurons de changer nos vies dès le lendemain et nous réveillons tard, une fois de plus.

32. Nous nous disons concernés par les émissions de CO2 mais continuons à prendre la voiture pour aller au travail.

33. Nous voulons avoir une relation de couple parfaite mais ne faisons rien pour l’entretenir.

34. Nous disons que nous allons lire beaucoup plus, mais nous continuons à jouer à Candy Crush dans le métro.

35. Nous décrivons la personne idéale, mais finissons par lui trouver quelque chose qui ne va pas.

36. Nous avons trop peur de parler à cet étranger, mais n’hésitons pas à poster des messages anonymement ou sous couvert de pseudo sur les réseaux sociaux.

37. Nous faisons l’éloge de Wikipédia mais refusons de les soutenir financièrement lorsqu’ils en ont besoin.

38. Nous nous effrayons devant les statistiques de divorce, mes flirtons sans pudeur avec des hommes et des femmes mariés.

39. Nous traitons les autres d’hypocrites alors que nous sommes des hypocrites nous-mêmes.

☆ Les conseils de Karine, rédactrice pour Scoachy

L’hypocrisie serait-elle donc inscrite dans nos gènes ? Peut-être bien (au risque de faire bondir les scientifiques !). Quoi qu’il en soit, l’hypocrisie a une seule et même origine : le regard des autres. Nous sommes tous amenés à modifier notre jugement par peur de ne pas froisser notre interlocuteur ou par pression sociale. Il est vrai que, par moments, mieux vaut faire bonne figure et dire ce que les autres veulent bien entendre, n’est-ce pas ? Si le fait de dévoiler ses pensées au grand jour est une forme de courage, cela peut potentiellement nous nuire. A nous de décider d’être hypocrites ou non, à partir du moment où nous ne faisons du mal à personne et surtout pas à nous-mêmes !

Et vous, quel hypocrite êtes-vous ?

 

 

Rédactrice pour Scoachy®

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